Derrière les comportements perturbateurs en classe
En classe, certains comportements peuvent rapidement devenir épuisants pour l’enseignant.e.
Ils agacent, débordent, parfois même déstabilisent profondément.
Ce sont souvent les mêmes élèves dont on prononce le prénom à longueur de journée.
Ceux qui parlent sans arrêt, se lèvent, provoquent, s’opposent ou refusent de travailler.
Face à cela, il est humain de se sentir dépassé.e, irrité.e, fatigué..
Car gérer une classe, ce n’est pas seulement transmettre des savoirs : c’est aussi accueillir des enfants chargés émotionnellement.
Quand les mots manquent, le comportement parle
Beaucoup d’élèves arrivent aujourd’hui à l’école avec une grande fatigue émotionnelle.
Surexposition aux écrans, rythme soutenu, stress familial, manque de sommeil… autant de facteurs qui fragilisent leur capacité à se réguler.
Or, les compétences émotionnelles ne sont pas innées.
Mettre des mots sur ce que l’on ressent, identifier ses besoins, demander de l’aide… cela s’apprend.
Lorsque l’enfant ne dispose pas encore de ces outils, le comportement devient son langage, son outil de communication. Ce n’est pas un choix conscient, c’est une tentative, souvent maladroite, d’exprimer un malaise intérieur.
Le regard de la Communication Non Violente
En Communication Non Violente (CNV), on ne s’arrête pas à ce que fait l’enfant.
On cherche à comprendre le besoin qui s’exprime derrière le comportement.
Ainsi, un élève qui parle sans cesse peut exprimer un besoin de lien ou de reconnaissance. Celui qui provoque cherche parfois sa place au sein du groupe. Celui qui refuse le travail tente souvent de se protéger d’un sentiment d’échec. Celui qui se lève sans cesse répond à un besoin de mouvement ou de régulation sensorielle. Et celui qui s’oppose systématiquement peut exprimer un fort besoin d’autonomie ou de contrôle.
Ces comportements perturbent le bon fonctionnement de le classe. Ainsi, tenter de les comprendre permet de sortir d’une lecture uniquement disciplinaire, pour entrer dans une lecture éducative.
Comprendre ne veut pas dire tout accepter
Adopter une posture de compréhension ne signifie en aucun cas tolérer tous les comportements.
Les besoins n’excusent pas les actes. Ils nous donnent simplement un indice précieux pour ajuster notre posture, notre cadre et nos réponses éducatives.
Un cadre clair, stable et sécurisant reste indispensable. Mais s’il est posé sans compréhension, il risque de devenir rigide, voire conflictuel.
À l’inverse, un cadre qui s’appuie sur la compréhension des besoins permet à l’enfant d’apprendre progressivement à mieux se réguler.
Du contrôle à l’accompagnement
Lorsque l’adulte cherche uniquement à faire cesser le comportement, il agit souvent dans l’urgence :
rappels à l’ordre, sanctions, menaces voire exclusions temporaires.
Ces réponses peuvent fonctionner à court terme, mais elles enseignent rarement comment faire autrement.
Chercher à comprendre le message derrière le comportement permet de transformer la difficulté en levier éducatif pour aider l’enfant à nommer ce qu’il ressent, l’accompagner dans la recherche de stratégies adaptées et lui apprendre, peu à peu, à exprimer ses besoins autrement que par l’agitation, l’opposition ou la provocation.
Un changement de regard… pour l’enfant, mais aussi pour l’adulte
Changer de regard ne rend pas la classe magique.
Cela ne supprime ni la fatigue, ni la charge mentale, ni les journées difficiles.
Mais cela permet souvent de ressentir moins d’impuissance.
Car lorsqu’on comprend que le comportement n’est pas le problème, mais le signal,
on ne se bat plus contre l’enfant, on travaille avec lui.
Et c’est à partir de cette compréhension que peut naître une relation éducative plus apaisée, plus juste, et plus humaine, pour l’enfant comme pour l’enseignant.e.
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