Le harcèlement scolaire : une violence pas comme les autres
Le harcèlement, ce n’est pas juste un conflit
Tous les conflits ne sont pas du harcèlement. Mais le harcèlement commence souvent par des faits que nous serions tentés de minimiser (une petite moquerie, une petite bousculade, une remarque…).
Ce qui rend le harcèlement différent, c’est qu’il s’agit d’une violence psychologique installée, qui touche l’enfant dans la durée, dans sa sécurité, dans son identité.
3 critères essentiels
Pour détecter au plus vite les situations de harcèlement, ces critères doivent être connus des adultes encadrants.
- La répétition : ce n’est pas un acte isolé.
Il s’agit de faits qui se répètent (moqueries régulières, remarques humiliantes, mises à l’écart fréquentes, regards, soupirs, rires, messages répétés…). Même de “petites choses”, quand elles sont répétées, deviennent destructrices. Ce n’est pas la gravité d’un acte qui définit le harcèlement, c’est sa répétition.
- Le déséquilibre de pouvoir : l’enfant ne peut pas se défendre seul.
Il existe un rapport de force (un groupe contre un enfant, un enfant plus populaire contre un autre, un enfant isolé, différent, fragile, une peur de représailles…). La victime n’a pas les mêmes ressources pour se protéger. C’est ce déséquilibre qui enferme l’enfant dans le silence.
- L’intention ou l’impact de nuire
Le harcèlement peut exister même lorsque l’auteur affirme « ne pas avoir voulu faire de mal ».
Ce qui définit la situation, c’est l’impact sur la victime et la souffrance ressentie.
Pourquoi le harcèlement est une violence particulière
Parce qu’il agit sur le cerveau : activation permanente du stress, hypervigilance, chute de l’estime de soi, inhibition des apprentissages, sentiment d’insécurité constant.
Un enfant harcelé n’est jamais au repos. Même en classe, même à la maison, même la nuit.
Les signaux d’alerte à repérer
Signes émotionnels
- tristesse fréquente
- pleurs inexpliqués
- anxiété
- irritabilité
- honte, culpabilité
Signes comportementaux
- isolement
- refus d’aller à l’école
- changements brusques
- agitation ou au contraire effacement
- baisse de participation
Signes physiques
- maux de ventre, de tête
- fatigue importante
- troubles du sommeil
- passages répétés à l’infirmerie
Aucun de ces signes pris isolément ne permet de conclure, mais leur répétition ou leur accumulation doit alerter.
Que faire en cas de harcèlement ?
Le repérage d’une situation de harcèlement entraîne la mise en place d’un accompagnement global,
destiné à protéger la victime et à aider l’élève auteur à comprendre, réparer et modifier ses comportements, avec le soutien des adultes.
Le harcèlement n’est pas traité par la sanction seule, mais par une action éducative, protectrice et collective car toute situation de harcèlement nécessite une prise en charge collective et coordonnée par les adultes de l’établissement.
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