BIENVEILLANCE

Le choix des mots dans les commentaires scolaires : un enjeu neuroscientifique

Rédiger un commentaire de livret scolaire ne consiste pas uniquement à évaluer des compétences.
C’est un acte pédagogique fort, dont l’impact dépasse largement le cadre de l’école.

Les neurosciences affectives et cognitives montrent aujourd’hui que le cerveau de l’enfant apprend mieux lorsqu’il se sent en sécurité émotionnelle. Or, les mots que nous utilisons, à l’écrit comme à l’oral, influencent directement ce sentiment de sécurité.

Ce que dit le cerveau de l’enfant

Chez l’enfant, les zones du cerveau impliquées dans les apprentissages (attention, mémoire, fonctions exécutives) fonctionnent en interaction étroite avec le cerveau émotionnel.

Lorsqu’un message est perçu comme humiliant, trop négatif ou définitif, le cerveau active les circuits du stress (amygdale), ce qui peut :

  • bloquer l’accès à la réflexion,
  • diminuer la motivation,
  • renforcer le sentiment d’échec ou d’incompétence.

À l’inverse, un message formulé avec justesse active les circuits de la sécurité et de la motivation, favorisant :

  • l’engagement,
  • la persévérance,
  • la confiance en soi.

Autrement dit : le cerveau n’apprend pas sous la menace, mais dans la relation.

Les mots construisent l’image de soi

Un commentaire de livret peut devenir, pour certains élèves, une phrase intérieure durable.

Des formulations répétées comme : “manque de concentration”, “ne fait pas assez d’efforts”, “résultats insuffisants”, peuvent progressivement être intégrées par l’enfant comme une identité :
*« Je suis nul.e », « je n’y arrive pas », « l’école n’est faite pas pour moi ».

À l’inverse, des mots qui nomment le processus plutôt que la personne soutiennent le développement d’un état d’esprit de progression.

L’impact émotionnel sur les parents

Les commentaires sont également lus par les parents avec une forte charge émotionnelle.

Selon leur formulation, ils peuvent :

  • ouvrir le dialogue école–famille,
  • ou au contraire provoquer inquiétude, incompréhension ou repli.

Un langage clair, respectueux et constructif permet de transmettre les difficultés sans accusation, et de renforcer l’idée d’un accompagnement commun autour de l’enfant.

Être bienveillant.e ne signifie pas être complaisant.e

La bienveillance pédagogique n’est pas l’absence d’exigence.
Elle repose sur trois piliers :

  • dire la réalité,
  • nommer les besoins,
  • ouvrir des perspectives d’évolution.

Les neurosciences nous rappellent que l’enfant progresse mieux lorsqu’il se sent vu, reconnu, soutenu.

Le commentaire devient alors un outil éducatif à part entière.

10 phrases simples et bienveillantes à intégrer dans les commentaire

  1. ___ progresse à son rythme et montre des efforts encourageants.
  2. Les bases sont en cours d’acquisition et continueront à se renforcer.
  3. ___ fait preuve d’une attitude positive en classe.
  4. Nous avons confiance en ________ .
  5. Les efforts fournis sont à valoriser.
  6. ___ gagne progressivement en confiance.
  7. Nous allons poursuivre le travail ensemble pour consolider les apprentissages.
  8. L’investissement de ___ est encourageant.
  9. Merci à ______________, sa présence en classe est un vrai plaisir pour tous!
  10. Avec un accompagnement régulier, ___ pourra continuer à évoluer positivement.

On partage ?

Et toi, quelles sont tes phrases préférées dans le livret scolaire ? Éprouves-tu des difficultés à les rédiger ?


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Laurie

Enseignante & créatrice de SereNest

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