Quand les neurosciences rencontrent l’éducation : Le mode d’emploi de notre cerveau
Est-il imaginable qu’un pilote de Formule 1 ne connaisse pas le fonctionnement de sa voiture ? Évidemment que non. Pourtant, c’est exactement ce qu’il se passe dans notre société : professeurs, élèves et professionnels utilisent quotidiennement un outil extraordinaire, le cerveau, sans en connaître le véritable mode de fonctionnement.
Dans sa conférence TEDxAlsace, Eric Gaspar, professeur de mathématiques et créateur du projet Neurosup, partage trois découvertes fondamentales en neurosciences qui viennent bousculer nos croyances sur l’apprentissage et le développement intellectuel.
1. Le cerveau efface : l’importance de donner du sens
Nous avons longtemps cru que le cerveau fonctionnait comme un simple disque dur, enregistrant automatiquement tout ce qu’il comprend. En réalité, le cerveau a tendance à effacer très rapidement les informations qu’il juge inutiles pour le futur proche.
- L’analogie du physionomiste : Votre cerveau agit un peu comme un physionomiste de boîte de nuit, laissant entrer certaines informations et refoulant les autres sur le trottoir. Même si une information est claire, elle sera oubliée si le cerveau n’en perçoit pas l’intérêt.
- Comment mieux faire retenir une information ? : Pour qu’une donnée soit mémorisée, le cerveau doit y voir une utilité immédiate. Lorsque vous souhaitez transmettre une information importante (à un élève, un enfant ou un collaborateur), annoncez toujours l’objectif en premier. Vous envoyez ainsi un signal clair au cerveau que ce qui va suivre sera utile.
2. Le mythe du multitâche : l’illusion de l’efficacité
Dans notre monde hyperconnecté, beaucoup se flattent d’être « multitâches ». Pourtant, la science est formelle : sur le plan cognitif, le cerveau ne peut pas effectuer deux tâches consciemment concurrentielles en même temps.
- L’alternance plutôt que la simultanéité : Le cerveau ne superpose pas les tâches, il travaille en réalité en alternance, passant très rapidement de l’une à l’autre. C’est ce qui rend des pratiques comme envoyer un SMS au volant extrêmement dangereuses.
- L’exception de l’automatisation : La seule exception à cette règle survient lorsqu’une tâche est entièrement automatisée, comme conduire sur le chemin quotidien pour rentrer chez soi.
- La solution : Le cerveau est fondamentalement conçu pour le « monotâche ». Procéder étape par étape est la méthode qui respecte le mieux son fonctionnement naturel et garantit une véritable efficacité.
3. La plasticité cérébrale : un cerveau en perpétuelle évolution
Contrairement à une ancienne croyance tenace, le cerveau ne se fige pas une fois l’âge adulte (25 ans) atteint. C’est un véritable « transformiste ».
- Un remodelage constant : À chaque instant de notre vie, notre architecture cérébrale interne se reconfigure. Des réseaux de neurones se font et se défont en permanence.
- L’analogie du chemin de randonnée : Plus vous empruntez un chemin (par exemple, plus vous pratiquez le piano), plus ce chemin se creuse et devient stable. À l’inverse, un chemin qui n’est emprunté qu’une fois finit très vite par s’effacer.
- La fin du fatalisme : Cette plasticité prouve que l’intelligence n’est pas une donnée fixée à la naissance. Les phrases comme « Je suis nul en langues, c’est comme ça » n’ont aucun fondement scientifique.
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