Les dés de l’empathie : un jeu simple pour apprendre à comprendre et à agir
Et si l’on pouvait entraîner l’empathie comme on entraîne la lecture ou le calcul ?
Dans une classe, les situations relationnelles sont nombreuses : un élève pleure, un autre s’isole, quelqu’un se fait moquer, un camarade perd un jeu, un conflit éclate. Chaque jour, les enfants sont confrontés à des émotions, les leurs et celles des autres, sans toujours savoir comment y répondre.
Un jeu pour créer des situations… et réfléchir ensemble
Le principe est simple : trois lancés de dé permettent de générer une situation relationnelle.
Un premier jet désigne la personne concernée : un camarade de classe, un ami, un élève plus petit, un enseignant, quelqu’un que l’on connaît peu ou même une personne avec qui l’on est en conflit.
Un deuxième jet indique ce qu’il se passe : il est seul à la récréation, il se fait moquer, il est en difficulté en classe, il a perdu un objet, il est triste, il s’est disputé.
Un troisième jet apporte des indices émotionnels : il pleure, il ne parle plus, il crie, il regarde par terre, son corps est tendu, il s’éloigne des autres.
En quelques secondes, une situation réaliste apparaît. Et avec elle, une question essentielle :
Comment peux-tu réagir ?
Trois questions clés pour développer l’intelligence émotionnelle
Chaque situation devient un support pour explorer trois dimensions fondamentales :
1. Quelle est l’émotion ressentie ?
Les élèves apprennent à identifier les signaux : le corps tendu, le regard vers le sol, les pleurs, le silence. Ils comprennent que derrière un comportement se cache souvent une émotion, tristesse, colère, honte, peur, frustration…
2. Comment peut-on écouter ?
Écouter, ce n’est pas seulement entendre. C’est observer, reconnaître l’émotion, poser une question ouverte, adopter une posture bienveillante… ou parfois simplement s’asseoir à côté.
3. Comment peut-on aider ?
Aider ne signifie pas résoudre à la place de l’autre. Cela peut être proposer sa présence, inviter à jouer, alerter un adulte, reformuler ce qui est ressenti, offrir un soutien discret.
Un outil puissant pour le climat scolaire
Les neurosciences affectives montrent que la capacité à reconnaître les émotions d’autrui favorise la régulation des conflits et diminue les comportements agressifs. En entraînant les élèves à observer les indices émotionnels et à ajuster leurs réactions, on renforce leur sentiment d’appartenance et leur sécurité relationnelle.
L’empathie devient alors une compétence collective, pas seulement individuelle.
Apprendre à voir autrement
Les dés de l’empathie ne cherchent pas des réponses parfaites. Ils ouvrent un espace de réflexion. Ils invitent les élèves à ralentir, à regarder autrement, à se mettre à la place de l’autre.
Parce que parfois, la différence entre l’indifférence et la solidarité tient à une seule chose : avoir appris à remarquer.
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