Prendre soin de soi quand on est enseignant.e
Et si la pleine conscience devenait une ressource ?
Être enseignant.e aujourd’hui, c’est bien plus que transmettre des savoirs.
C’est tenir un cadre, gérer des groupes parfois chargés émotionnellement, accompagner des élèves aux histoires multiples, répondre aux attentes institutionnelles, tout en restant disponible, patient.e et engagé.e.
Dans ce contexte, prendre soin de soi n’est pas un luxe. C’est une condition essentielle pour durer dans le métier.
Pourquoi parler de pleine conscience ?
La pleine conscience, souvent associée à la méditation ou au calme, est parfois mal comprise. Elle n’est ni une méthode magique, ni une invitation à “se détendre à tout prix”.
Elle propose avant tout une chose simple et exigeante : porter attention à ce qui est là, sans jugement.
Pour un.e enseignant.e, cela signifie :
- reconnaître sa fatigue sans la nier,
- observer ses tensions sans s’y identifier totalement,
- prendre conscience de ses limites avant qu’elles ne soient dépassées.
La pleine conscience ne cherche pas à supprimer le stress, mais à changer notre relation à lui.
Le poids invisible du métier
Beaucoup d’enseignant.es continuent à travailler une fois la classe terminée.
Le corps est rentré chez soi, mais l’esprit reste en alerte : anticiper, corriger, organiser, s’inquiéter, repenser à une situation, chercher une meilleure réponse pour demain.
Cette charge mentale constante, souvent invisible, use progressivement.
Elle peut mener à l’épuisement, à la perte de sens ou à un sentiment de ne jamais en faire assez.
Prendre soin de soi, dans ce contexte, commence par mettre de la conscience sur ce qui se joue intérieurement.
Se respecter pour mieux accompagner
Il est difficile d’accueillir les émotions des élèves quand les nôtres sont à saturation.
Difficile de rester disponible quand le corps est épuisé.
Difficile de poser un cadre serein quand on fonctionne en tension permanente.
Prendre soin de soi, ce n’est pas se détourner des élèves.
C’est au contraire se donner les moyens d’être présent·e de façon juste et durable.
Cela passe par :
- accepter de ne pas tout porter seul·e,
- reconnaître ses besoins (repos, silence, soutien),
- poser des limites claires, sans culpabilité.
La pleine conscience au quotidien : une pratique réaliste
Prendre soin de soi ne demande pas forcément plus de temps.
Il s’agit souvent de petits ajustements, intégrés au quotidien :
- s’arrêter quelques secondes pour respirer avant d’entrer en classe,
- observer ses tensions corporelles sans chercher à les faire disparaître,
- fermer symboliquement la journée de travail,
- s’autoriser de vrais temps de repos, sans se justifier.
Ces gestes simples permettent de sortir du pilotage automatique et de retrouver un peu d’espace intérieur.
Un enjeu collectif, pas individuel
Il est important de le rappeler : le bien-être des enseignant.es ne repose pas uniquement sur des pratiques individuelles. Il est aussi lié aux conditions de travail, au soutien institutionnel, à la reconnaissance du métier.
Mais en attendant que tout change, prendre soin de soi reste un acte de responsabilité, envers soi-même et envers les élèves.
Prendre soin de soi quand on est enseignant·e, ce n’est pas renoncer à son engagement.
C’est le préserver.
La pleine conscience ne promet pas des journées sans stress, mais elle offre un point d’appui : celui de revenir à soi, encore et encore, pour continuer à enseigner avec humanité, présence et justesse.
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