Violence ou bienveillance en classe : et si nous interrogions notre posture ?
On parle beaucoup de climat scolaire, de gestion de classe, de bienveillance ou d’autorité.
Mais plus rarement de ce qui se joue réellement dans l’instant : notre propre posture. Enseigner, ce n’est pas seulement transmettre des savoirs. C’est entrer en relation. Et cette relation est teintée de notre état intérieur, de notre fatigue, de notre niveau de stress et de notre sécurité émotionnelle.
Dans une même journée, un enseignant peut se montrer ferme, distant, chaleureux, impatient ou profondément ajusté. Aucun professionnel n’est figé dans une seule posture. Pourtant, certaines tendances reviennent plus souvent que d’autres. Les identifier permet de comprendre ce que nous transmettons, parfois malgré nous.
C’est dans cette optique qu’a été conçu ce questionnaire d’auto-positionnement sur les pratiques enseignantes. Il ne s’agit ni d’un test de performance, ni d’un outil d’évaluation institutionnelle. Il s’agit d’un miroir, d’un outil de conscience professionnelle.
À travers des situations très concrètes, un élève qui perturbe le cours, qui refuse de travailler, qui pleure, un conflit entre élèves, une erreur répétée, le questionnaire met en lumière la manière dont nous réagissons spontanément. Haussons-nous la voix pour rétablir l’ordre ? Restons-nous factuels et distants ? Cherchons-nous d’abord à comprendre ce qui se joue derrière le comportement ?
Ces réactions révèlent souvent trois grandes dynamiques relationnelles. La première s’appuie fortement sur le contrôle et le cadre. Elle peut rassurer dans l’urgence mais, lorsqu’elle devient dominante, elle risque de glisser vers une forme de violence. La seconde posture est plus neutre, structurée, professionnelle. Elle protège l’équité et la cohérence mais peut parfois manquer de chaleur relationnelle. La troisième conjugue exigence et sécurité affective. Elle maintient le cadre tout en reconnaissant l’émotion, favorisant ainsi un climat de confiance propice aux apprentissages.
Qu’en disent les neurosciences ?
Les neurosciences affectives éclairent ces différences. Lorsque nous sommes stressés, notre cerveau active des mécanismes de défense. La patience diminue, la voix se tend, l’empathie devient plus coûteuse. Notre posture éducative n’est donc pas uniquement une question de volonté ou de conviction pédagogique ; elle est intimement liée à notre propre régulation émotionnelle. Interroger sa posture, c’est aussi prendre soin de soi en tant qu’enseignant.
Dans une école engagée dans la prévention du harcèlement, dans l’amélioration du climat scolaire ou dans le développement des compétences psychosociales, cette réflexion devient centrale. La sécurité émotionnelle des élèves commence par celle des adultes. La cohérence éducative ne naît pas d’un discours, mais d’une posture incarnée.
Ce questionnaire peut ainsi devenir un véritable outil de développement professionnel. Utilisé en formation, en conseil pédagogique ou en réflexion individuelle, il ouvre un espace de dialogue sur l’autorité éducative, la bienveillance en classe et la gestion des comportements difficiles. Il permet de dépasser l’opposition stérile entre fermeté et empathie pour penser une posture à la fois claire, stable et sécurisante.
Car au fond, la question n’est pas « suis-je violent ou bienveillant ? ». La vraie question est : dans quelles conditions suis-je le plus ajusté à mes élèves ? Et de quoi ai-je besoin pour le rester ?
Se poser ces questions, c’est déjà faire évoluer sa pratique.
Et toi, où en es-tu dans cette réflexion ?
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