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Je prends… ou je ne prends pas ?


Les émotions font partie de nous. Elles ne sont ni des faiblesses, ni des défauts de caractère. Ce sont des réactions biologiques face à une situation donnée. Elles s’activent dans notre cerveau avant même que nous ayons le temps de réfléchir.

Mais ces émotions ne sont pas toutes les mêmes pour chacun. Elles dépendent de notre histoire, de notre sensibilité, de nos expériences passées. Une remarque anodine pour l’un peut être blessante pour l’autre. Une situation stressante pour un élève peut sembler banale pour un autre.

Et surtout, les émotions circulent.

La contagion émotionnelle : un phénomène naturel

Par le langage, mais aussi par le regard, le ton de la voix, la posture corporelle, les émotions se transmettent. C’est un phénomène naturel appelé contagion émotionnelle.

Un élève arrive tendu : la tension peut gagner la classe.
Un enseignant parle avec calme : le groupe se régule.
Un enfant pleure : l’atmosphère change.

Les émotions agréables comme les émotions désagréables se diffusent. Et nous avons parfois l’impression de les absorber malgré nous.

Mais avons-nous toujours besoin de les prendre ?

La question clé : cette émotion m’appartient-elle ?

Face à une émotion forte exprimée par quelqu’un d’autre, une question simple peut transformer notre posture :

« Est-ce que cette émotion m’appartient ? »

Un camarade me crie dessus parce qu’il est en colère.
Avant de répondre en criant à mon tour, je peux m’arrêter. Respirer. Observer.
Sa colère est réelle. Elle mérite d’être entendue, mais elle ne m’appartient pas.

Ce simple décalage diminue fortement la probabilité d’escalade. Il ouvre un espace de choix.

Empathie ne signifie pas absorption

On confond souvent empathie et fusion émotionnelle.

Faire preuve d’empathie ne veut pas dire ressentir exactement la même chose que l’autre, ni porter son émotion à sa place. L’empathie consiste à comprendre, reconnaître et accueillir ce que l’autre traverse, sans se laisser submerger.

Je peux aider un camarade à traverser sa tristesse sans être triste moi-même.
Je peux accompagner un élève dans sa colère sans être moi-même en colère. Je peux soutenir sans absorber.

L’empathie est une présence. Pas une prise en charge émotionnelle totale.

Être présent sans se perdre

Dans un cadre scolaire ou familial, cette nuance est essentielle. Les adultes, comme les enfants, gagnent à apprendre cette compétence : être capable d’être présent pour l’autre tout en restant ancré en soi.

Cela suppose trois étapes simples :

  • D’abord, reconnaître l’émotion chez l’autre.
  • Ensuite, vérifier intérieurement si elle résonne en nous.
  • Enfin, choisir la manière dont nous souhaitons répondre.

Ce choix est un acte de régulation émotionnelle. Il protège la relation. Il évite les réactions en chaîne.

Une compétence qui s’apprend

Les neurosciences montrent que la régulation émotionnelle peut s’entraîner. Mettre des mots, ralentir, respirer, observer ses propres sensations permet d’éviter que les émotions des autres ne dictent automatiquement nos réponses.

Apprendre à dire :
« Je vois que tu es en colère »
plutôt que
« Calme-toi ! »

apprend aux enfants — et aux adultes — à différencier compréhension et absorption.


Prendre… ou ne pas prendre ?

Nous ne contrôlons pas l’émotion de l’autre. Mais nous pouvons choisir notre posture face à elle.

Prendre une émotion, c’est la laisser nous envahir. Ne pas la prendre, ce n’est pas l’ignorer. C’est la reconnaître sans s’y noyer.

C’est tout l’objectif du jeu proposé ici, donner des situations, identifier l’émotion et se demander « Je prends, ou pas? ». Si je ne prends pas, que puis-je faire ?


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Laurie

Enseignante & créatrice de SereNest

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