APPRENTISSAGEBIENVEILLANCE

Quand je ne suis pas d’accord : apprendre à traverser un conflit, pas à l’éviter

Un désaccord entre enfants n’est pas forcément un problème à faire disparaître.

Deux enfants peuvent vouloir le même objet, ne pas être d’accord sur les règles d’un jeu, se sentir blessés par une parole, trouver une situation injuste, refuser la proposition de l’autre… Et c’est justement parce que les désaccords font partie de toutes les relations que nous avons voulu leur faire une place dans la classe des Fourmis Empathiques.

L’objectif n’est pas d’avoir une classe dans laquelle il n’y aurait plus jamais de conflit, mais d’apprendre progressivement aux enfants quoi faire lorsqu’un conflit arrive.

« Réglez ça entre vous »… mais comment ?

Nous demandons souvent aux enfants de résoudre leurs conflits :

  • « Explique-lui. »
  • « Trouvez une solution. »
  • « Dis-lui ce que tu ressens. »

Mais toutes ces actions nécessitent des compétences qui ne vont pas de soi.

Quand l’émotion est forte, réfléchir devient plus difficile. On peut crier, accuser, partir, pousser, pleurer… ou ne plus réussir à dire quoi que ce soit.

L’affiche « Quand je ne suis pas d’accord » propose donc un chemin en cinq étapes.

1. Je prends un temps calme

Avant de chercher une solution, il faut parfois retrouver suffisamment de disponibilité pour pouvoir réfléchir.

Faire une pause n’est pas fuir le conflit. C’est parfois ce qui permet de ne pas l’aggraver.

2. Je fais un message clair

Une fois plus disponible, l’enfant peut apprendre à expliquer ce qui s’est passé de son point de vue, ce qu’il a ressenti et ce dont il aurait besoin.

On quitte progressivement : « C’est lui ! Il est méchant ! » pour aller vers une communication plus précise : « Je n’ai pas aimé quand… »

3. Je propose une réparation

Une erreur relationnelle ne signifie pas que la relation est cassée.

L’enfant apprend qu’il est possible de réparer : reconnaître ce qui s’est passé, proposer quelque chose, présenter ses excuses, modifier son comportement ou chercher une manière de faire autrement.

4. Nous cherchons une solution ensemble

Résoudre un conflit ne consiste pas nécessairement à déterminer un gagnant et un perdant. On peut aussi chercher une solution suffisamment acceptable pour les deux personnes.

Et c’est là que l’empathie prend tout son sens : comprendre que l’autre possède lui aussi un point de vue, des émotions et des besoins.

5. Et si nous n’y arrivons pas ?

Alors on demande l’aide d’un adulte.

Parce que l’autonomie relationnelle ne signifie jamais laisser les enfants seuls face à des situations qu’ils ne savent pas encore gérer.

Le conflit comme apprentissage

Avec Emy et les Fourmis Empathiques, nous avons voulu transmettre une autre vision du conflit : un conflit n’est pas la preuve qu’un groupe fonctionne mal.

Il peut devenir un espace d’apprentissage : apprendre à se réguler, communiquer, écouter, réparer, négocier et demander de l’aide lorsque c’est nécessaire.

Ces compétences ne s’acquièrent pas en une leçon. Elles se construisent un désaccord après l’autre.

Retrouve les outils du kit de la classe des fourmis empathiques ici.


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Laurie

Enseignante & créatrice de SereNest

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