Les créatures des émotions dans la poche : quand l’outil suit l’enfant, et non l’inverse
Une affiche des émotions dans la classe, un espace de retour au calme dans la chambre, une roue accrochée au mur…
Ces outils peuvent être précieux… mais les émotions, elles, ne restent pas dans la pièce où nous avons installé l’affiche.
Elles arrivent dans la voiture, au supermarché, dans la cour de récréation, chez les grands-parents, au restaurant, en vacances, dans une salle d’attente… C’est de ce constat qu’est née une évolution toute simple du kit des Créatures des émotions : un outil à emporter partout.
Et si l’espace émotionnel n’était plus un lieu ?
Créer un espace dédié aux émotions aide l’enfant à apprendre à les reconnaître et à découvrir différentes stratégies de régulation.
Mais il existe une limite évidente : l’enfant doit être à proximité de cet espace pour pouvoir l’utiliser.
Or, c’est souvent ailleurs que les situations deviennent compliquées. Dans ces moments-là, dire « utilisons la roue des émotions » n’est pas très utile si celle-ci est restée affichée dans la chambre.
Nous avons donc voulu conserver le principe du kit, mais le rendre mobile.
Une petite enveloppe émotions qui voyage avec l’enfant
L’enfant dispose de sa propre poche à émotions. À l’intérieur, il retrouve les repères qu’il connaît déjà : les créatures, les émotions et les outils qui lui permettent de communiquer ce qu’il vit.
Le principe est volontairement simple : l’enfant peut identifier son émotion, en préciser l’intensité, la représenter, puis chercher une stratégie adaptée.
Et cette fois, tout tient dans un petit format qui peut être glissé dans un sac, emporté en voyage ou simplement passer de la maison à l’école.
Les Créatures des émotions deviennent ainsi des repères familiers que l’enfant retrouve quel que soit l’endroit où il se trouve.
« Qu’est-ce qui pourrait m’aider maintenant ? »
L’un des objectifs du kit n’est pas seulement d’apprendre à reconnaître une émotion. Nous voulons progressivement aider l’enfant à faire le lien entre : ce que je ressens, l’intensité de ce que je ressens, ce dont j’ai besoin et ce que je peux essayer.
C’est pourquoi l’outil nomade ne s’arrête pas à « Je suis en colère » ou « Je suis triste ». L’enfant peut également retrouver différentes stratégies de régulation : respirer, bouger, être seul, être soutenu, parler à quelqu’un, se reposer…
Il ne s’agit pas de lui imposer une solution toute faite. Au contraire, l’objectif est de l’aider progressivement à se demander : « Qu’est-ce qui pourrait m’aider, moi, maintenant ? »
Car une même stratégie ne fonctionne pas pour tous les enfants, ni dans toutes les situations.
Quand les mots sont difficiles, l’outil peut parler à leur place
Il y a également des moments où l’enfant sait qu’il ne va pas bien… mais où expliquer ce qui se passe est beaucoup trop difficile. C’est là que le support visuel prend tout son sens: montrer une créature, choisir une intensité, sortir une carte « être seul », « respirer » ou « être soutenu »… Ce sont déjà des façons de communiquer.
L’adulte n’a alors pas nécessairement besoin de multiplier immédiatement les questions. L’enfant dispose d’un autre canal pour dire : « Voilà ce qui se passe en moi. » et parfois même : « Voilà ce dont j’ai besoin. ».
De la maison à l’école… et partout ailleurs
Ce format ouvre surtout une possibilité qui nous tenait particulièrement à cœur : créer de la continuité.
L’enfant ne doit plus apprendre une façon de parler de ses émotions à la maison, puis retrouver des outils complètement différents ailleurs.
Son enveloppe peut l’accompagner à la maison, à l’école, chez ses grands-parents, pendant une sortie, en vacances.
Les adultes changent, les environnements changent, mais ses repères restent les mêmes.
Et cette continuité peut être particulièrement précieuse pour les enfants qui ont besoin de supports visuels, de prévisibilité ou simplement de temps pour apprendre à reconnaître ce qui se passe en eux.
L’objectif final ? Avoir de moins en moins besoin de nous
Comme les autres outils du kit des Créatures des émotions, cette petite poche n’a pas été pensée pour que l’adulte devienne meilleur à gérer les émotions de l’enfant. Elle a été pensée pour que l’enfant devienne progressivement plus autonome dans la compréhension et la communication de ce qu’il vit.
Au début, l’adulte accompagne :
- « Quelle créature ressemble à ce que tu ressens ? »
- « Est-ce un petit peu ou très fort ? »
- « Qu’est-ce qui pourrait t’aider ? »
Puis, progressivement, l’enfant apprend à parcourir ce chemin lui-même. Et c’est peut-être cela, le véritable intérêt d’un outil que l’on peut emporter partout.
Il ne crée plus seulement un espace où l’enfant peut parler de ses émotions. Il lui permet d’emporter cet espace avec lui.
Plus besoin d’un coin émotions fixe. Plus besoin d’avoir l’affiche sous les yeux. La maison peut rester à la maison. Les Créatures, elles, suivent l’enfant partout.
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