APPRENTISSAGEBIENVEILLANCE

Accompagner les enfants commence par accompagner les adultes

Créer une classe empathique ne consiste pas uniquement à apprendre aux enfants à mieux communiquer. Les adultes aussi font partie de l’équation.

Notre manière de réagir à un conflit, de répondre à un comportement difficile, de parler à un enfant ou de gérer notre propre irritation constitue elle aussi une expérience relationnelle pour les élèves.

C’est pour cela que le kit des Fourmis Empathiques contient également des aide-mémoire destinés aux adultes : de petits supports à garder sous la main pour les moments où, justement, nous n’avons plus forcément toutes nos ressources disponibles.

Quand mes émotions prennent le dessus

L’un des aide-mémoire commence par l’adulte lui-même. Avant de chercher immédiatement à corriger le comportement d’un enfant, je me demande : Comment est-ce que je me sens, là, maintenant ? Qu’est-ce qui est en train de me toucher ? Puis-je accueillir cette émotion sans réagir immédiatement ? Ai-je besoin de respirer, de boire un verre d’eau, de faire quelques pas ou de demander un relais ?

Ces quelques questions rappellent une idée centrale du kit : la régulation émotionnelle n’est pas une compétence que l’on exige uniquement des enfants. L’adulte peut lui aussi avoir besoin de quelques secondes pour retrouver suffisamment de calme avant d’intervenir.

Accueillir, comprendre, réguler… puis choisir

La dernière étape est essentielle. Lorsque l’urgence émotionnelle diminue, l’adulte peut se demander :

  • Quelle est mon intention ?
  • Qu’aimerais-je que mes élèves apprennent de cette situation ?
  • Quelle réponse sera la plus utile à long terme ?

Nous ne cherchons alors plus seulement à faire cesser immédiatement un comportement. Nous nous demandons ce que l’enfant est en train d’apprendre à travers notre intervention.

Des supports pour différents moments de la vie de classe

Les autres aide-mémoire prolongent cette même logique :

  • soutenir l’adulte lorsqu’il doit accueillir la parole d’un enfant, comprendre ce qui s’est passé et l’aider à réfléchir ou réparer
  • rappeler des façons de décrire plutôt que juger, valoriser les efforts, remarquer les comportements aidants et encourager.

Ils n’ont pas vocation à transformer les enseignants en robots récitant des phrases parfaites. Ils sont là comme des repères.

Parce que nous savons tous très bien ce que nous aimerions faire lorsque nous sommes calmes. C’est dans les moments de fatigue, de bruit, d’urgence ou de tension que l’accès à ces principes devient plus difficile. Et c’est précisément à ce moment qu’un petit aide-mémoire posé sur un bureau peut retrouver tout son intérêt.

Une classe empathique se construit des deux côtés

C’est peut-être ce qui résume le mieux la philosophie des Fourmis Empathiques : nous pouvons apprendre aux enfants à écouter l’autre, à nommer leurs émotions, à réparer après un conflit, à demander de l’aide et à se réguler. Mais ces apprentissages deviennent beaucoup plus cohérents lorsqu’ils peuvent les observer aussi chez les adultes qui les accompagnent.

Le kit, avec sa cinquantaine de pages de cartes, affiches, jeux et outils, ne s’adresse donc pas uniquement aux élèves. Il cherche à construire progressivement une culture commune dans la classe, avec Emy la fourmi comme fil conducteur.

Une culture dans laquelle on apprend à mieux se comprendre soi-même, mais aussi à faire une place à ce que vit l’autre.

Parce que l’empathie ne s’enseigne pas seulement : elle se pratique, elle s’observe… et surtout, elle se vit ensemble.


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Laurie

Enseignante & créatrice de SereNest

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