Et si on arrêtait de demander aux enfants de se calmer ?
Quand un enfant est en pleine tempête émotionnelle, notre premier réflexe est souvent de vouloir le calmer.
« Calme-toi. », « Respire. », « Ce n’est pas si grave. », « Arrête de pleurer. »
Pourtant, au moment où l’émotion déborde, l’enfant n’a pas forcément accès aux capacités qui lui permettraient de faire ce que nous lui demandons.
Son corps est mobilisé:
- Le cœur peut battre plus vite.
- La respiration se modifier.
- Les muscles se tendre.
- Le besoin de fuir, de crier, de repousser ou au contraire de se couper de ce qui l’entoure peut apparaître.
À cet instant, le « problème » n’est pas simplement l’émotion. C’est tout un système qui essaie de retrouver un sentiment de sécurité.

Accompagner avant de raisonner
Nous avons parfois tendance à chercher immédiatement les bons mots, mais un enfant submergé n’a pas toujours besoin d’une explication.
Il peut avoir besoin d’une présence calme, de moins de bruit, de moins de questions, d’espace, d’un mouvement répétitif, d’une pression profonde s’il l’apprécie, d’un endroit connu…
Et surtout, de sentir que l’adulte qui l’accompagne ne considère pas ce qu’il vit comme quelque chose qu’il doit immédiatement faire disparaître.
La régulation peut aussi passer par la relation : un adulte qui ralentit sa voix, réduit les sollicitations et reste disponible peut devenir un point d’ancrage lorsque l’enfant n’arrive plus à retrouver seul son équilibre.
Réguler ne veut pas dire supprimer
L’objectif n’est donc pas d’apprendre à un enfant à ne plus être en colère, triste, inquiet ou frustré. Ces émotions ont une fonction.
Nous pouvons plutôt lui apprendre, progressivement, à remarquer : « Quelque chose se passe dans mon corps. », « Je commence à reconnaître ce qui m’arrive. », « Je sais ce qui peut m’aider. »
Cela demande du temps.
Et ces apprentissages se construisent surtout en dehors des moments de crise, lorsque le cerveau est à nouveau disponible.
Parce qu’au fond, nous ne cherchons pas à fabriquer des enfants qui ne débordent jamais.
Nous cherchons à leur donner suffisamment de sécurité, de compréhension et d’outils pour qu’un jour ils puissent se dire : « Je reconnais ce qui m’arrive. Et je sais comment prendre soin de moi lorsque cela arrive. »

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