« Moi, tout simplement. » Parce qu’un enfant autiste est bien plus que son diagnostic.
Lorsqu’un enfant reçoit un diagnostic de TSA, beaucoup de questions apparaissent.
Les adultes cherchent à comprendre ses besoins. Les professionnels observent son fonctionnement. Les enseignants adaptent leurs pratiques. Les parents apprennent à décoder certains comportements.
Mais une question est parfois oubliée.
Comment l’enfant se voit-il, lui ?
Car grandir avec un diagnostic, c’est aussi construire son identité.
Et cette identité ne devrait jamais se résumer à trois lettres.
Être autiste ne dit pas qui je suis
Le TSA décrit une manière de fonctionner. Il explique certaines sensibilités, certaines difficultés, certaines forces, aussi.
Mais il ne raconte pas toute l’histoire. Un enfant autiste est aussi un enfant qui aime rire, qui collectionne peut-être les dinosaures, qui adore construire, dessiner, courir, observer les insectes ou apprendre des choses par cœur.
Il a des passions, des rêves, un humour, des qualités, des peurs et une personnalité unique.
Le diagnostic permet de mieux comprendre certaines de ses particularités. Il ne définit jamais sa valeur.
Comprendre ses différences sans les subir
Grandir en étant « différent » n’est pas toujours facile.
Très tôt, certains enfants remarquent qu’ils ne réagissent pas comme les autres. Ils se demandent pourquoi le bruit les dérange autant. Pourquoi ils ont besoin de plus de temps. Pourquoi les changements les inquiètent davantage. Pourquoi certaines situations semblent plus simples pour leurs camarades.
Sans explications adaptées, ces différences peuvent être mal interprétées.
- « Je suis bizarre. »
- « Je suis nul. »
- « Je fais tout de travers. »
Pourtant, ce n’est pas leur cerveau qui pose problème. C’est souvent le manque de compréhension de leur fonctionnement.
Mettre des mots sur ses particularités permet à l’enfant de changer de regard sur lui-même.
Se connaître pour mieux se faire comprendre
Pouvoir dire :
- « Le bruit me fatigue. »
- « J’ai besoin qu’on m’explique les étapes. »
- « Quand il y a trop de monde, j’ai besoin d’une pause. »
- « J’adore apprendre sur les planètes. »
Ce sont de petites phrases. Mais elles donnent à l’enfant un immense pouvoir. Celui de parler de lui autrement que par ses difficultés.
Petit à petit, il apprend à reconnaître ce qu’il aime, ce qui lui demande davantage d’efforts, ce qui l’aide lorsqu’il est en difficulté et les stratégies qui fonctionnent pour lui.
Cette connaissance de soi est l’une des bases de l’autonomie.
Favoriser une identité positive
Parler du TSA avec un enfant ne consiste pas à lui expliquer tout ce qui est difficile.
Il est tout aussi important de lui montrer qu’il possède des ressources. Qu’il a des qualités, qu’il est capable d’apprendre, qu’il peut demander de l’aide, qu’il a le droit d’avoir des besoins différents.
Construire une identité positive, ce n’est pas nier les défis liés au TSA. C’est permettre à l’enfant de comprendre que ses différences font partie de lui, sans définir toute sa personne.
Parce qu’il est bien plus que ses difficultés. Et bien plus que son diagnostic.
Un outil pour parler de soi avec ses propres mots
C’est dans cette démarche qu’a été conçue la fiche « Moi, tout simplement », intégrée au Kit de régulation TSA pour les enfants.
Elle invite l’enfant à parler de lui dans sa globalité : ce qu’il aime, ce qui lui demande plus d’énergie, les situations qui peuvent être difficiles, les réactions qu’il peut avoir lorsqu’il est en surcharge, mais aussi les aides qui lui permettent de retrouver son équilibre.
Elle peut être complétée avec un parent, un enseignant ou un professionnel, puis utilisée pour se présenter à une nouvelle classe, à une AESH, à un animateur ou à toute personne qui accompagnera l’enfant.
Parce que la meilleure façon d’accompagner un enfant est souvent de commencer par lui demander :
« Qui es-tu ? »
Et pas seulement :
« De quoi as-tu besoin ? »
La neurodiversité commence par la rencontre
L’inclusion ne commence pas avec des adaptations. Elle commence avec un regard.
Un regard qui voit d’abord un enfant, avant de voir un diagnostic. Un regard qui cherche à comprendre sa manière d’être au monde, ses forces, ses besoins et sa personnalité.
Parce qu’un enfant autiste n’est ni « moins », ni « plus » qu’un autre.
Il est différent.
Et cette différence mérite d’être connue, comprise… et respectée.

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