BIENVEILLANCE

« Ce n’est pas grave » La phrase qui ne rassure pas toujours

« Ne sois pas triste. » « Tu n’as aucune raison d’avoir peur. » « Ce n’est vraiment pas grave. »

Ces phrases partent presque toujours d’une bonne intention. Lorsque l’enfant souffre, notre premier réflexe est de vouloir faire disparaître ce qui lui fait mal.

Alors nous rassurons, nous relativisons, nous expliquons.

Il a peur d’entrer dans une pièce ? « Mais regarde, il n’y a rien. »

Il pleure parce que son copain n’a pas voulu jouer avec lui ? « Ce n’est pas grave, tu joueras avec quelqu’un d’autre. »

Il est déçu d’avoir perdu ? « Allez, ce n’est qu’un jeu. »

Pourtant, une émotion ne disparaît pas toujours parce qu’un adulte vient de démontrer qu’elle n’est pas nécessaire.

Ce qui est « petit » pour nous peut être immense pour lui

Avec notre regard d’adulte, nous savons qu’il y aura d’autres anniversaires, d’autres matchs, d’autres occasions de jouer. Nous savons que cette peur passera et que cette contrariété sera probablement oubliée demain.

L’enfant, lui, vit ce qui se passe maintenant.

Et lorsqu’une émotion est intense, entendre « ce n’est pas grave » peut parfois ressembler davantage à « tu ne devrais pas ressentir ça » qu’au réconfort que nous voulions offrir.

Cela ne signifie pas qu’il faille dramatiser avec lui. Entre minimiser une émotion et l’amplifier, il existe une troisième possibilité : simplement la reconnaître.

« Tu aurais vraiment voulu rester encore un peu. », « Ça t’a fait peur. », « Tu es très déçu, tu avais beaucoup travaillé. », « Tu avais vraiment envie que ça se passe autrement. »

Quelques mots suffisent parfois.

Valider n’est pas donner raison

C’est une distinction importante : accueillir une émotion ne signifie pas être d’accord avec l’interprétation de l’enfant, changer notre décision ou accepter tous les comportements qui l’accompagnent.

Nous pouvons aussi reconnaître une colère tout en empêchant un enfant de frapper.

L’émotion peut être légitime sans que tous les comportements le soient.

Pourquoi vouloir résoudre immédiatement ?

Lorsque notre enfant nous raconte une difficulté, nous passons souvent très vite en mode « solution ».

Que pourrait-il faire ? Comment éviter que cela recommence ? Que devons-nous lui expliquer ?

Mais lorsqu’une émotion est encore très présente, l’enfant n’est pas forcément disponible pour réfléchir à tout cela.

Il a parfois d’abord besoin de sentir qu’il a été entendu. Et seulement ensuite, lorsque l’intensité commence à redescendre, nous pouvons avancer.

Les solutions ont leur place. Simplement, elles ne doivent pas toujours arriver en premier.

Écouter avant d’apaiser

Nous n’avons pas besoin de trouver la phrase parfaite à chaque émotion. Parfois, être là, écouter et mettre quelques mots sur ce que l’enfant traverse suffit déjà.

Parce qu’au fond, nous connaissons nous-mêmes cette sensation.

Lorsque nous traversons quelque chose de difficile, nous n’avons pas toujours envie que quelqu’un nous explique immédiatement pourquoi ce n’est pas si grave ou ce que nous devrions faire.

Avant d’avoir besoin d’une solution, nous avons parfois besoin d’être compris. Les enfants aussi.


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Laurie

Enseignante & créatrice de SereNest

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