Toutes les heures ne coûtent pas la même chose
Nous organisons souvent nos journées en fonction du temps disponible.
Trois heures pour travailler, trente minutes pour faire les courses, deux heures pour voir des amis, une soirée libre pour récupérer…
Sur le papier, tout rentre.
Et pourtant, il arrive que nous terminions une journée qui semblait relativement légère avec l’impression de n’avoir absolument plus aucune ressource.
Parce que nous avons compté les heures, mais oublié une autre donnée essentielle : l’énergie disponible.
Une heure ne coûte pas toujours une heure
Deux activités de même durée peuvent avoir un coût complètement différent.
Une heure seule à travailler dans le calme n’équivaut pas nécessairement à une heure dans un environnement bruyant. Une sortie avec une personne familière n’a pas forcément le même coût qu’une soirée avec quinze personnes. Une tâche routinière et une situation imprévue peuvent occuper exactement le même créneau dans l’agenda… sans demander du tout les mêmes ressources.
Pour certaines personnes neuroatypiques, cette différence peut être particulièrement importante.
Ce que les neurosciences nous permettent de mieux comprendre
Notre cerveau ne traite pas passivement tout ce qui l’entoure. À chaque instant, il doit sélectionner certaines informations, en ignorer d’autres, maintenir notre attention, ajuster nos réponses et mobiliser nos fonctions exécutives pour nous permettre d’agir de manière adaptée à la situation.
Lorsque l’environnement est particulièrement stimulant ou que la tâche demande beaucoup d’adaptation, ces mécanismes sont davantage sollicités.
Chez les personnes neuroatypiques, notamment dans le TDAH ou l’autisme, certaines de ces sollicitations peuvent représenter un coût plus important selon le profil de chacun : régulation de l’attention, traitement sensoriel, fonctions exécutives, changements imprévus, interactions sociales….
Cela explique en partie pourquoi regarder uniquement la durée d’une activité peut être trompeur.
Le cerveau ne mesure pas une journée uniquement en heures. Il doit aussi gérer tout ce que ces heures lui demandent de traiter.
Apprendre à reconnaître son propre coût énergétique
Respecter son énergie commence donc par l’observer.
Quelles situations me rechargent réellement ? Lesquelles me demandent beaucoup plus que je ne le pensais ? Après quelles activités ai-je systématiquement besoin de silence ou de solitude ?
Il est également utile d’apprendre à reconnaître ses premiers signes de fatigue.
Peut-être devenez-vous plus irritable. Le bruit habituellement supportable devient soudain insupportable. Prendre une petite décision paraît étrangement compliqué. Vous avez davantage besoin de vous isoler, parler demande plus d’effort ou le moindre imprévu provoque une réaction beaucoup plus intense qu’en début de journée.
Ces signes ne signifient pas nécessairement que vous êtes déjà arrivé à saturation. Ils peuvent justement être les indicateurs qu’il serait temps de ralentir avant d’y arriver.

Ne pas attendre d’être épuisé pour récupérer
Nous avons souvent appris à nous reposer lorsque nous n’en pouvons vraiment plus.
Mais la récupération peut aussi être pensée en amont.
Prévoir un moment calme après une activité particulièrement stimulante. Éviter, lorsque c’est possible, d’enchaîner plusieurs situations très coûteuses. Réduire certaines sollicitations les jours où les ressources sont déjà faibles. Accepter aussi qu’une journée « peu remplie » puisse avoir été extrêmement exigeante.
Il ne s’agit pas de supprimer systématiquement tout ce qui demande de l’énergie, ni de construire sa vie autour de l’évitement.
Il s’agit plutôt de commencer à intégrer une nouvelle donnée lorsque nous organisons nos journées : combien de temps cela va-t-il me prendre ? mais aussi : combien d’énergie cela risque-t-il de me demander ?
Respecter son énergie n’est pas renoncer à vivre. C’est commencer à la considérer comme une ressource réelle, variable et précieuse.
Et arrêter, progressivement, de construire toutes ses journées en supposant qu’elle est illimitée.

En savoir plus sur Ecole Positive
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
