Les adultes aussi ont besoin d’un retour au calme
Nous préparons parfois énormément d’outils pour aider les enfants à se réguler : un coin calme, une aide à la respiration calme, un objet sensoriel, une pause, ou encore quelques minutes pour bouger.
Puis notre enfant explose à 18 h 42 parce que nous lui avons demandé d’aller se laver.
Et nous explosons à notre tour.
Parce qu’il y a une chose que nous oublions parfois dans toutes nos discussions autour de la régulation émotionnelle : les adultes ont eux aussi un système nerveux.
Nous n’arrivons pas neutres devant la tempête émotionnelle de notre enfant
Nous avions peut-être travaillé toute la journée. Il fallait penser au repas, répondre à un message, ranger la cuisine, préparer les affaires du lendemain et gérer le bruit ambiant… Puis notre enfant a commencé à crier.
Nous aimerions alors être cet adulte parfaitement disponible, capable de parler doucement et de coréguler.
Mais nous arrivons parfois dans sa tempête avec notre propre réservoir presque plein, et deux systèmes nerveux surchargés ont beaucoup plus de difficulté à s’apaiser mutuellement.
La régulation de l’adulte compte aussi
La corégulation ne signifie pas que le parent doit être parfaitement calme en permanence.
Elle signifie notamment que notre état peut influencer la manière dont l’interaction se déroule. Lorsque nous sommes déjà très activés, notre voix change, nos gestes deviennent plus rapides, notre tolérance diminue et nous pouvons interpréter plus facilement le comportement de l’enfant comme une provocation.
C’est pourquoi, parfois, la première question n’est pas seulement : « Comment puis-je le calmer ? » mais : « Dans quel état suis-je, moi, en ce moment ? »
Le retour au calme n’est pas réservé aux enfants
Peut-être avons-nous besoin de diminuer notre voix avant de demander à l’enfant de diminuer la sienne, de boire un verre d’eau, de nous éloigner trente secondes si la sécurité le permet, de sentir nos pieds au sol, de respirer avant de répondre ou simplement de reconnaître intérieurement : « Là, je suis à bout. Je dois faire attention à la façon dont je vais répondre. »

Ce sont précisément ces différentes portes d’entrée que nous explorons dans le kit régulation : la régulation ne passe pas par une technique magique, mais par la découverte progressive de ce qui aide réellement un système à retrouver un niveau d’activation plus confortable.
Et ces outils ne sont pas réservés aux petits.
Parfois, il faut aussi réparer
Nous ne réussirons pas toujours. Nous allons parfois crier alors que nous voulions parler doucement. Répondre trop vite ou dire quelque chose que nous regrettons.
La régulation émotionnelle ne signifie pas ne jamais déborder. Elle consiste aussi à savoir revenir.
« J’étais vraiment énervée et j’ai crié. Je n’aurais pas dû te parler comme ça. »
Nous montrons alors quelque chose d’important à l’enfant : les adultes aussi ressentent des émotions intenses, les adultes aussi peuvent perdre leurs moyens, et ils peuvent prendre la responsabilité de ce qu’ils font ensuite.
Alors oui, apprenons aux enfants à reconnaître quand leur corps a besoin d’une pause. Mais peut-être pouvons-nous leur montrer que nous aussi, parfois, nous avons besoin de notre retour au calme.
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