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Quand tout devient « trop » : comprendre la surcharge sensorielle

« Je n’en peux plus. », « Éteins la lumière. », « Arrête de parler. », « Je veux rentrer à la maison. »

Ces phrases sont parfois interprétées comme un caprice, un manque de patience ou une réaction excessive.

Pourtant, chez certaines personnes, elles traduisent une réalité bien différente : le cerveau reçoit plus d’informations qu’il n’est capable d’en traiter à cet instant précis. On parle alors de surcharge sensorielle.

Ce phénomène est particulièrement fréquent chez les personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA), mais il peut également concerner d’autres profils, notamment certaines personnes présentant un TDAH, une forte anxiété ou une hypersensibilité sensorielle.

Comprendre ce qu’est une surcharge sensorielle permet souvent de remplacer les jugements par une meilleure compréhension.

Nos sens fonctionnent comme des portes ouvertes sur le monde

À chaque instant, notre cerveau reçoit une quantité impressionnante d’informations : le bruit de la circulation, la lumière de la pièce, les conversations autour de nous, l’odeur d’un parfum, le contact des vêtements sur la peau, la température, les mouvements des personnes qui nous entourent…

Chez la plupart des personnes, le cerveau filtre naturellement une partie de ces informations. Il décide, en quelque sorte, de ce qui mérite notre attention et de ce qui peut rester en arrière-plan.

Chez de nombreuses personnes autistes, ce filtre fonctionne différemment. Certaines informations qui passent presque inaperçues pour d’autres peuvent être perçues avec beaucoup plus d’intensité.

Ce n’est pas une question de volonté. C’est une manière différente de traiter les informations sensorielles.

Quand chaque stimulation s’accumule

La surcharge sensorielle ne survient pas forcément à cause d’un seul élément. C’est plutôt une accumulation.

Imaginons une journée d’école… lors de cette journée :

  • Le réveil qui sonne,
  • Les vêtements qui grattent,
  • Le trajet peut-être anxiogène,
  • Le bruit de la cour de récréation,
  • Les néons de la classe,
  • Les consignes données rapidement,
  • Les échanges avec les camarades,
  • La sonnerie qui sonne (encore et encore),
  • La cantine et toutes les sensations associées (odeurs, bruits)
  • Le gymnase qui résonne…

Aucun de ces éléments n’est forcément insurmontable à lui seul, mais leur addition peut progressivement remplir ce que certains décrivent comme un « réservoir sensoriel ».

À un moment, celui-ci déborde. Lorsque cela arrive, le cerveau n’a plus suffisamment de ressources pour continuer à gérer toutes les informations qu’il reçoit.

Ce que l’on voit… et ce qui se passe réellement

Lorsqu’une personne est en surcharge sensorielle, son comportement peut changer.

Chez un enfant, cela peut ressembler à :

  • une irritabilité inhabituelle ;
  • des pleurs ;
  • un refus de participer ;
  • une agitation importante ;
  • un besoin de s’isoler ;
  • des mains sur les oreilles ;
  • une colère qui semble arriver « sans raison apparente »…

Chez un adulte, on peut observer :

  • une difficulté à suivre une conversation ;
  • un besoin urgent de quitter un lieu ;
  • une fatigue soudaine ;
  • une sensation d’oppression ;
  • un besoin de silence ;
  • des difficultés à trouver ses mots…

Ces réactions sont parfois mal interprétées. Pourtant, elles ne traduisent pas un manque de bonne volonté. Elles montrent simplement que le système nerveux est arrivé à saturation.

Pourquoi « faire un effort » ne suffit pas

Lorsque l’on ne vit pas une surcharge sensorielle, il est tentant de penser qu’il suffit de « tenir encore un peu ». Mais lorsqu’un cerveau est saturé, ce n’est plus une question de motivation.

C’est un peu comme essayer de continuer à remplir un verre déjà plein. À un moment, il déborde.

Demander à une personne en surcharge de supporter davantage de bruit, de lumière ou de sollicitations revient souvent à augmenter encore la pression.

Dans ces moments-là, le besoin n’est généralement pas de faire plus d’efforts mais de diminuer les stimulations.

Comment aider une personne en surcharge sensorielle ?

Il n’existe pas de solution universelle, chaque personne construit progressivement les stratégies qui lui correspondent.

Mais certaines pistes reviennent fréquemment :

  • Réduire les stimulations lorsque cela est possible (moins de demandes par exemple),
  • Proposer un endroit calme,
  • Diminuer la lumière,
  • Parler doucement,
  • Laisser le temps de récupérer,
  • Respecter le besoin de silence.
  • Autoriser certaines stratégies d’autorégulation, comme les mouvements répétitifs (stimming), lorsqu’ils sont sécuritaires.

L’objectif n’est pas de faire disparaître immédiatement la surcharge. Il est d’aider le système nerveux à retrouver progressivement un état d’équilibre.

Apprendre à reconnaître les premiers signes

L’une des compétences les plus précieuses consiste à identifier les premiers signaux.

Certaines personnes remarquent qu’elles deviennent plus sensibles au bruit. D’autres sentent qu’elles parlent moins, qu’elles s’énervent plus facilement ou qu’elles ont davantage besoin de s’isoler.

Plus ces signaux sont repérés tôt, plus il est possible d’agir avant que la surcharge ne devienne trop importante.

C’est un véritable apprentissage, et cela demande du temps.

La régulation commence bien avant la crise

On imagine parfois que la régulation consiste à retrouver son calme une fois la surcharge installée.

En réalité, elle commence beaucoup plus tôt. Elle consiste à apprendre à écouter son corps, à respecter son niveau d’énergie, à prévoir des temps de récupération, à identifier les environnements les plus fatigants, à connaître les stratégies qui fonctionnent pour soi.

Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de gérer les moments difficiles… il s’agit de mieux comprendre son propre fonctionnement.

Comprendre plutôt que juger

Lorsqu’un enfant se bouche les oreilles, refuse une activité ou semble exploser pour un détail, il est facile d’y voir une réaction disproportionnée.

Pourtant, derrière ce comportement se cache parfois un cerveau qui tente simplement de faire face à un trop-plein d’informations.

Changer notre regard ne fait pas disparaître la surcharge, mais cela permet d’y répondre avec davantage de bienveillance et d’efficacité. Une personne en surcharge n’a pas besoin qu’on lui demande de faire davantage d’efforts, elle a besoin que l’on comprenne ce que son cerveau est en train de vivre.

Le conseil d’École Positive

Une surcharge sensorielle ne survient que rarement « d’un coup ». Elle est souvent le résultat d’une accumulation de petites sollicitations. Observer les premiers signes de fatigue ou d’irritabilité permet souvent d’agir avant que le système nerveux ne soit complètement dépassé.

Pour aller plus loin

Mieux comprendre la surcharge sensorielle est une première étape. Apprendre à reconnaître ses propres signaux et découvrir des stratégies de régulation adaptées permet ensuite de mieux prévenir ces situations au quotidien.

En collaboration avec SereNestÉcole Positive propose un Kit de régulation TSA Enfant et un Kit de régulation TSA Adulte, conçus pour aider chacun à mieux comprendre son fonctionnement, repérer les premiers signes de surcharge et construire des stratégies de régulation respectueuses de ses besoins.

Retrouve-les ici :


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Laurie

Enseignante & créatrice de SereNest

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