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Quels outils sont réellement utiles dans un espace émotions ?

Lorsque l’on décide de créer un espace émotions, une question revient souvent :

« Quels outils faut-il vraiment prévoir ? »

En effectuant quelques recherches, on découvre rapidement une multitude de propositions : bouteilles sensorielles, coussins, affiches, peluches, sabliers, roues des émotions, cartes, balles anti-stress…

Face à cette abondance, il est parfois difficile de savoir ce qui sera réellement utile.

Pourtant, la question n’est peut-être pas « Quels outils choisir ? » mais elle est plutôt : « À quoi doivent servir ces outils ? »

Un espace émotions n’est pas une collection d’objets. C’est un lieu qui accompagne progressivement l’enfant dans une démarche essentielle : Reconnaître → Comprendre → Se réguler → Revenir disponible.

Chaque outil devrait donc répondre à l’une de ces étapes.

Première étape : reconnaître ce que l’on ressent

Avant de retrouver son calme, encore faut-il savoir ce que l’on vit.

Cela peut sembler évident pour un adulte. Pour un enfant, c’est loin de l’être.

Lorsqu’une émotion est intense, beaucoup d’enfants disent simplement : « Je ne sais pas ce qui se passe. » ou « Je suis juste énervé.e. »

Alors qu’en réalité, ils peuvent ressentir de la peur, de la déception, de la honte, de la jalousie ou de la frustration. Plus le vocabulaire émotionnel est riche, plus l’enfant devient capable d’identifier précisément ce qui se passe en lui. Et cette première étape est essentielle.

On ne peut pas comprendre une émotion que l’on ne sait pas reconnaître.

Les outils qui peuvent aider:

  • Une roue des émotions,
  • Des cartes émotions illustrées,
  • Des créatures, couleurs ou personnages représentant chaque émotion,
  • Un miroir pour observer les expressions du visage,
  • Des photos d’expressions faciales,
  • Un thermomètre émotionnel permettant d’évaluer l’intensité de l’émotion…

Ces supports permettent à l’enfant de mettre des mots sur son vécu. Ils donnent une forme à quelque chose qui, jusque-là, semblait parfois confus.

Deuxième étape : comprendre ce qui se passe

Une émotion n’apparaît jamais sans raison, elle cherche à attirer notre attention sur quelque chose ; un besoin, une difficulté, une limite, une inquiétude, un changement…

L’objectif n’est donc pas de faire disparaître l’émotion le plus vite possible mais de comprendre ce qu’elle essaie de nous dire.

Prenons un exemple :

Un enfant est en colère. Si l’on s’arrête uniquement à cette colère, on risque de passer à côté de l’essentiel.

Pourquoi est-il en colère ? Parmi les possibilités, peut-être :

  • est-il fatigué ?
  • s’est-il senti rejeté ?
  • n’a t-il pas compris une consigne ?
  • aurait-il aimé davantage d’autonomie ?

La même émotion peut cacher des besoins très différents.

Les outils qui peuvent aider :

  • Une affiche des besoins,
  • Des cartes des besoins,
  • Des questions simples (sous forme de cartes ou d’affiche) : « De quoi as-tu besoin ? » « Qu’est-ce qui t’aiderait maintenant ? »

L’objectif est d’aider progressivement l’enfant à faire le lien entre ce qu’il ressent et ce dont il a besoin.

Troisième étape : se réguler

C’est souvent la partie à laquelle on pense en premier. Pourtant, elle n’arrive qu’après les deux précédentes.

Une fois que l’enfant reconnaît son émotion et comprend ce qu’elle exprime, il peut commencer à chercher une stratégie adaptée. Et c’est là qu’il est important de rappeler une chose : Il n’existe pas une méthode universelle.

Un enfant retrouvera son calme grâce à une respiration. Un autre aura besoin de bouger. Un troisième préférera manipuler un objet sensoriel. Certains auront simplement besoin d’un adulte qui reste près d’eux.

L’objectif est donc d’aider chaque enfant à construire progressivement sa propre boîte à outils.

Les outils qui peuvent aider :

  • Une roue de retour au calme,
  • Des exercices de respiration,
  • Des cartes de pleine conscience (avec quelques exercices au choix),
  • Des objets sensoriels,
  • Une couverture lestée (lorsqu’elle est adaptée et utilisée dans un cadre approprié),
  • Des mouvements de relaxation proposés sous forme de cartes,
  • Un coin confortable.

Le plus important n’est pas le nombre d’outils. C’est de savoir quand et comment les utiliser.

Quatrième étape : redevenir disponible

On oublie souvent cette dernière étape. Pourtant, retrouver son calme ne signifie pas forcément être prêt à reprendre immédiatement son activité.

Après une émotion intense, certains enfants ont encore besoin de quelques minutes pour retrouver leur concentration. D’autres apprécieront une transition douce.

Cette étape permet au cerveau de passer progressivement d’un état de vigilance émotionnelle à un état plus propice aux apprentissages.

Les outils qui peuvent aider :

  • Une activité calme à faire en autonomie (puzzle, dessin…),
  • Quelques respirations supplémentaires,
  • Une lecture calme,
  • Une musique douce,
  • Une petite mission simple avant de reprendre le travail…

Le retour aux apprentissages mérite autant d’attention que le retour au calme lui-même.

Les meilleurs outils sont ceux que les enfants connaissent

Il est parfois tentant d’ajouter toujours plus de matériel, mais un espace émotions n’a pas besoin d’être rempli pour être efficace.

Quelques outils bien choisis, utilisés régulièrement et intégrés dans les rituels de la classe auront souvent beaucoup plus d’impact qu’une multitude d’objets que les enfants ne savent pas utiliser.

La clé n’est donc pas la quantité. C’est la familiarité.

Un enfant qui connaît parfaitement quatre outils sera souvent plus autonome qu’un enfant qui en découvre quinze au moment où il traverse une émotion difficile.

Un espace émotions qui grandit avec les enfants

Au fil des semaines, les besoins évoluent. Les jeunes enfants utilisent volontiers des supports très visuels, les plus grands développent progressivement leur vocabulaire émotionnel. Les adolescents apprécient souvent des outils plus discrets.

Sans oublier les adultes, qui, eux aussi, gagnent à disposer de supports simples pour reconnaître leurs émotions, identifier leurs besoins et retrouver leur équilibre.

Un espace émotions n’est donc jamais complètement terminé. Il évolue avec ceux qui l’utilisent. Et c’est précisément ce qui en fait toute sa richesse.

Le conseil d’École Positive

Avant d’ajouter un nouvel outil dans votre espace émotions, posez-vous cette question : À quelle étape répond-il ?

  • Aide-t-il l’enfant à reconnaître son émotion ?
  • À comprendre ce qu’il ressent ?
  • À retrouver son calme ?
  • Ou à revenir progressivement disponible pour apprendre ?

Si la réponse est claire, alors cet outil a probablement toute sa place dans votre espace émotions.

Pour aller plus loin

Les outils sont d’autant plus efficaces qu’ils s’inscrivent dans une démarche cohérente, où chaque étape de la régulation émotionnelle est accompagnée avec simplicité.

En collaboration avec SereNestÉcole Positive propose un Kit Émotions ainsi que des Kits de Régulation qui rassemblent des supports complémentaires pour aider les enfants, les adolescents et les adultes à reconnaître leurs émotions, comprendre leurs besoins, retrouver leur calme et redevenir pleinement disponibles, en classe comme à la maison.

Retrouvez-les ici :


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Laurie

Enseignante & créatrice de SereNest

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